( 1 novembre, 2010 )

La Toussaint

 La Toussaint dans nos saints

Sous les amas de fleurs, les morts
Ne distinguent pas les vivants
Qui pour étouffer leurs remords
Viennent les voir un jour par an

Condamnés à soliloquer
Et couchés à six pieds sous terre
Ils devraient d’ailleurs se moquer
Eperdument de nos misères
 Mais voilà, nous sommes la graine
Qu’ils ont semée, jeunes et beaux
Pour que les anneaux de la chaîne
Passent par-dessus les tombeaux

 

Et c’est pour cela qu’il nous aiment
Guidant, discrets, de leurs cercueils
Nos pas mal assurés, de même
Qu’un navire entre les écueils

 

Plus d’une fois je viens m’asseoir
Dans leur grand jardin silencieux
A l’heure où la douceur du soir
Semble unir la terre et les cieux

 

Alors parmi les fers rouillés
Des croix et les tertres déserts
Je peux humble et agenouillée
Mettre mon âme à découvert

 

Je sais trop ce qu’ils me disent
Mais je me sens aussi prés d’eux
Que le chrétien dans son église
Peut se sentir proche de Dieu

 

Et quand je sors du cimetière
Le coeur gros mais l’esprit serein
J’entends s’élever la prière
De l’immense foule des saints

 

Colombe
 

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