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( 14 janvier, 2011 )

J’ai dans mon coeur

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J’ai dans mon  coeur, dont tout voile s’écarte,

Deux bancs d’ivoire, une table en cristal,

Où sont assis, tenant chacun leur carte,

Ton faux amour, et mon amour loyal.

J’ai dans mon coeur, dans mon coeur diaphane,

Ton nom chéri qu’enferme un coffret d’or;

Prends en la clef, car nulle main profane

Ne doit l’ouvrir, ni ne l’ouvrit encore.

Fouille mon coeur, ce coeur que tu dédaignes

Et, qui pourtant, n’est peuplé que de toi.

Et tu verras, mon amour, que tu règnes

Sur un pays dont nul homme n’est roi!

   Théophile Gautier (1811-1872)

( 14 janvier, 2011 )

« L’amour impossible »

 

 

Elle est de l’autre côté, lui en face d’elle, il la regarde mais elle ne le voit pas.
Il lui hurle que sa vie n’est faites que pour elle, que si elle lui demandait il ne vivrai que pour elle…elle ne l’entends pas.
Il passe ses journées dans la pénombre à la regarder, à l’admirer, à l’aimer en secret mais pour elle, il n’existe pas.
Elle est dans la lumière, lui dans son ombre, depuis de tant d’années il l’aime dans cet anonymat qu’elle ne soupçonne même pas.
Elle mène une vie faites de projecteurs, lui se réchauffe de leur lueur le temps de quelques heures mais elle ne le voit toujours pas.
Il rêve d’elle, toutes les nuits il la tient dans ses bras, il l’aime avec toute sa tendresse, toute sa passion mais le jour apparaît et alors l’espoir s’en va.
Il vit un amour impossible, il crèvera en manque d’elle, elle ne le sentira même pas mais il aura vécu en l’aimant bien plus que son petit « soi ».


Annabelle Clocet

( 14 janvier, 2011 )

Aveu d’une femme

 Aveu d'une femme dans l'Amour dupre-karen-femme-fatale-iii

 

Savez-vous pourquoi, madame,
Je refusais de vous voir ?
J’aime ! Et je sens qu’une femme
Des femmes craint le pouvoir.
Le vôtre est tout dans vos charmes,
Qu’il faut, par force, adorer.
L’inquiétude a des larmes :
Je ne voulais pas pleurer.

 Quelque part que je me trouve,
Mon seul ami va venir ;
Je vis de ce qu’il éprouve,
J’en fais tout mon avenir.
Se souvient-on d’humbles flammes
Quand on voit vos yeux brûler ?
Ils font trembler bien des âmes :
Je ne voulais pas trembler.

 Dans cette foule asservie,
Dont vous respirez l’encens,
Où j’aurais senti ma vie
S’en aller à vos accents,
Celui qui me rend peureuse,
Moins tendre, sans repentir,
M’eût dit :  » N’es-tu plus heureuse ?  »
Je ne voulais pas mentir.
 Dans l’éclat de vos conquêtes
Si votre coeur s’est donné,
Triste et fier au sein des fêtes,
N’a-t-il jamais frissonné ?
La plus tendre, ou la plus belle,
Aiment-elles sans souffrir ?
On meurt pour un infidèle :
Je ne voulais pas mourir.

Marceline Desbordes-Valmore

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